Note du 25 avril 2007 – 5519 jours

Il ressort de tout ça (moi face à la vie), une grande conscience du bien et du mal.

Ces trappes, ces portes dérobées qui s’ouvrent sur des clairières vierges de la langue. Ces mots (pourtant que des mots) à cloche-pied, ces phrases à mi-étage qui disent plus que l’intelligible.

S. Mallarmé – Pour un tombeau d’Anatole.

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Note du 17 novembre 2006 – 5379 jours

Que de temps pour construire de l’inutile. Et pourtant, cela fait du bien de sortir du vide. Se complaire dans le faux, le jeu, le simulacre pour ensuite s’enliser tendrement dans le noir comme une méditation active et permanente. Une traversée somnanbule de la vie. Des phrases écrites, prêtes à parler, des expressions apprises, une façade bien faite en somme.

Note du 7 octobre 2006 – 5338 jours

Il y a eu ce jeudi là. Identifié comme le 28 du mois de septembre de l’année 2006. Non, je me trompe. C’est le 5 du mois d’octobre. Il s’y passe certainement pour d’autres et pour l’avenir du monde des évènnements déterminants. Pour moi, un infra-ordinaire simple mais qui charpente une existance. Au final, comme dans le film « Quand j’étais chanteur », un refus de dépasser sa propre destinée. Rester là, dans cette enveloppe qui nous a vu naître et ne connaître que celle-là. Elle est juste à la température de ce corps qui glisse sur le temps, elle le rassure. Ne pas chercher plus loin l’aventure, le risque, la gloire. Tout est ici, dans ces éléments familiers. L’écrin d’une vie. L’autre et le temps, cela suffît bien. C’était ce 5 octobre 2006.

Note du 3 janvier 2004 – 4330 jours

Est ce que le temps est celui de l’humain ? Partageons-nous cette même phase avec d’autres vivants ? En est-il du temps comme des longueurs d’ondes, certaines nous sont visibles, d’autres pas, audibles, d’autres pas ? Le temps est-il la synthèse perceptive de nos sens ?

Des langues j’en ai parlé sans toutes les comprendre. Qu’importe, mon âme a filé légère le temps d’une parole étrangère. Et je suis là, les épaules basses rattrapé par la vie.

De quels épanchements est capable la vie pour survivre aux sombres moments ? Quels compromis !

Note du 1er mai 2003 – 4083 jours

J’oublie ma réalité, mon existence charnelle pour me propager dans les interstices de la vie des autres, des vides qu’ils créent par leur mouvements inutiles, dans la trace de leur parfum. Un travail dans les sous-couches de l’humain, loin des hauteurs sophistiquées qui ne brassent que de l’air, dans l’existence au sens de Kierkegaard. Dans l’instant, cette autre dimension du temps.